TheNigerTime

Diffa : Plantation expérimentale de 20 000 boutures de Maralfalfa et 100 kg de niébé fourrager sur le site pilote de l’Université

2026-03-01 - 08:17

Diffa, 1er Mars (ANP) – Dans le cadre de la mise en œuvre du projet FOVAC, il a été procédé, du 26 au 28 février 2026 sur le site pilote de l’Université de Diffa, à la réception et à la mise sous terre de 20 000 boutures de Maralfalfa (Pennisetum sp.) et de 100 kilogrammes de semences de niébé fourrager (T58-74). Cette activité s’inscrit dans la dynamique du projet FOVAC (Chaînes de valeur alimentaires), qui vise à structurer des chaînes de valeur agro-pastorales intégrées, à travers le développement de fourrages polyvalents capables de soutenir durablement les systèmes de production dans les zones agro-sylvo-pastorales du Sahel. Au-delà de la seule question de la vulnérabilité des pasteurs, le projet entend consolider l’ensemble des activités agro-pastorales, en favorisant l’intensification fourragère, l’intégration agriculture-élevage, la gestion durable des terres et de l’eau, ainsi que la création d’opportunités économiques locales. La mission technique conduite par des experts de l’Institut de Recherche en Élevage pour le Développement (IRED) du Tchad a procédé à la remise officielle des boutures et à une démonstration pratique des systèmes de mise en culture, en présence des responsables universitaires, enseignants-chercheurs et étudiants. La délégation tchadienne comprenait notamment M. Moctar Moussa Mahama, Coordonnateur du projet FOVAC, IRED TCHAD, ainsi que Dr Moukhtar Yaya Alhadj Abass, expert en culture fourragère et chercheur à l’IRED. Le site pilote de l’Université de Diffa a été sélectionné pour tester et adapter localement la culture du Maralfalfa, graminée à haut rendement fourrager, et du niébé fourrager T58-74, variété à double usage (graines pour la consommation humaine et fanes riches en protéines pour l’alimentation animale). Ces innovations, déjà expérimentées au Tchad dans le cadre du projet ACCEPT-IRED, ont démontré leur potentiel en matière de production importante de biomasse, y compris en saison sèche sous irrigation ; d’amélioration de la qualité nutritionnelle du cheptel ; de renforcement des systèmes mixtes agriculture-élevage ; de valorisation des résidus agricoles, et de contribution à la réduction des tensions liées à l’accès aux ressources pastorales. L’approche transfrontalière (Niger-Tchad-Nord Cameroun) vise ainsi à harmoniser les stratégies fourragères et à renforcer la résilience globale des systèmes agro-pastoraux face aux défis climatiques communs au Sahel. Réceptionnant les boutures au nom du Recteur empêché, Dr Malam Assan Maigari, vice-recteur de l’Université de Diffa a exprimé la reconnaissance de toute la communauté universitaire. Il a qualifié cette étape de « tournant stratégique » pour l’institution, soulignant que l’université doit être non seulement un espace de formation théorique, mais également un laboratoire vivant au service du développement territorial. « L’introduction du Maralfalfa et du niébé fourrager sur notre site pilote traduit notre volonté d’aligner la recherche, la formation et l’innovation sur les besoins réels des producteurs, des agro-éleveurs et des acteurs des filières locales », a-t-il indiqué. Il a salué le leadership scientifique de la coordinatrice du projet et la collaboration technique de l’IRED Tchad, estimant que cette coopération Sud-Sud constitue un modèle pertinent face aux défis partagés du Sahel. Pour sa part, la coordinatrice du projet FOVAC-Université de Diffa, Professeure Hadiza Kiari Fougou a exprimé sa satisfaction à l’issue de cette phase opérationnelle. Elle a rappelé que le projet s’inscrit dans une logique de résilience climatique, de sécurisation des systèmes d’élevage et de consolidation des activités agro-pastorales, à travers deux cultures complémentaires : le Maralfalfa, qualifié de « pompe à fourrage », capable de produire d’importantes quantités de biomasse sur de petites superficies sous irrigation ; et le niébé T58-74, riche en protéines, favorisant une intégration performante entre agriculture et élevage. Selon elle, l’ambition du projet dépasse largement le cadre du site universitaire. « Notre objectif est que ces innovations soient appropriées par les étudiants, adoptées par la recherche locale et, à terme, diffusées auprès des producteurs, des organisations professionnelles et des PME intervenant dans les filières d’alimentation animale ». Elle a également insisté sur l’importance de la gestion intégrée des terres, des espaces pastoraux et de l’eau, ainsi que sur l’accompagnement technique des exploitations afin de bâtir des systèmes agro-écologiques durables. Intervenant au titre de la mission technique, Dr Moukhtar Yaya Alhadj Abass a apporté des éclairages précis sur la conduite culturale du Maralfalfa. Il a détaillé les conditions optimales de plantation (espacement des boutures, profondeur de mise en terre) ; les besoins en irrigation, notamment en période sèche ; l’importance de la fertilisation organique et de la gestion de la fumure, ainsi que les cycles de coupe et les techniques d’entretien permettant d’assurer une production régulière et durable. Selon lui, l’appropriation de cette culture par les pays sahéliens constitue une nécessité stratégique. « Dans un contexte marqué par la pression climatique et la raréfaction progressive des pâturages naturels, le développement de cultures fourragères irriguées comme le Maralfalfa représente une alternative crédible pour sécuriser l’alimentation du bétail, améliorer la productivité des exploitations et soutenir les économies agro-pastorales locales », a-t-il affirmé. Il a également encouragé les étudiants à s’impliquer activement dans le suivi expérimental du site pilote, afin de documenter les performances agronomiques et zootechniques dans les conditions écologiques spécifiques de Diffa. Les étudiants ayant pris part à la démonstration sont issus de différentes filières, notamment l’Agriculture durable et gestion des terres ; l’évaluation environnementale et développement durable ; la gestion des espaces pastoraux et de l’eau, et d’autres disciplines liées aux sciences de l’environnement et des ressources naturelles. Ils ont salué une initiative qui renforce l’apprentissage par la pratique et l’interdisciplinarité. Pour plusieurs d’entre eux, cette activité représente une opportunité d’acquérir des compétences concrètes en mise en place de périmètres fourragers, gestion intégrée des ressources naturelles et valorisation économique des productions fourragères. À travers l’implantation des 20 000 boutures et des 100 kg de semences, le projet FOVAC à Diffa ambitionne de tester et adapter les innovations fourragères au contexte écologique local ; renforcer les activités agro-pastorales et la productivité des exploitations mixtes ; former une nouvelle génération de techniciens et d’agro-pasteurs qualifiés ; structurer les chaînes de valeur de l’alimentation animale et contribuer à une gestion durable et apaisée des ressources pastorales. Ainsi, selon les Responsables due ce projet, avec cette étape décisive, l’Université de Diffa confirme son positionnement en tant qu’acteur scientifique engagé dans la recherche de solutions durables aux défis climatiques, agricoles et pastoraux du Sahel. AOM-CS-JAS/KPM/ANP-001 Mars 2026

Share this post: