« Forum de La Mecque pour le halal 2026 » : les normes unifiées, socle du développement de l’industrie halal et du renforcement de son professionnalisme dans le commerce mondial
2026-02-15 - 17:19
Niamey, 15 fev (ANP) -Les travaux de la troisième édition du “Forum de La Mecque pour le halal 2026” ont été lancés, ce 15 février 2026 à La Mecque. Ce forum est organisé par l’initiative Manafe’a au Centre des expositions et événements de la Chambre de La Mecque, et se poursuivra jusqu’au 16 février, sous le thème « Le halal : une industrie professionnelle ». Il est placé sous le patronage du ministre saoudien du Commerce, le Dr Majid bin Abdullah Al-Qasabi. Le Secrétaire Général de la Chambre Islamique de Commerce et de Développement, Youssef Hassan Khalawi, a ouvert les travaux par un discours dans lequel il a souligné que le forum constitue l’un des résultats majeurs de l’initiative mondiale “Manafe’a”, visant à consolider la position de La Mecque et de Médine en tant que deux pôles fédérateurs pour les musulmans du monde entier dans les domaines des affaires, de l’investissement et du commerce. Il a expliqué que le thème de cette année, « Le halal : une industrie professionnelle », reflète une orientation stratégique vers le passage d’une conception traditionnelle du halal, limitée à une conformité religieuse, à un système industriel intégré fondé sur les normes, la gouvernance, la transparence et la construction de la confiance institutionnelle. Il a ajouté que l’avenir du secteur ne peut être bâti que sur la base du professionnalisme dans la gestion, l’exploitation, le financement et la commercialisation. La question des normes s’est imposée comme l’un des déterminants stratégiques majeurs de la croissance mondiale du secteur halal, dans un contexte de forte expansion du marché et de diversité géographique et réglementaire. Cette réalité soulève une interrogation centrale quant à l’impact de la divergence des normes entre les pays sur les échanges commerciaux internationaux, ainsi que sur la nécessité de mettre en place des cadres réglementaires plus cohérents, de nature à renforcer la confiance et à réduire les écarts dans les exigences. Lors d’une session intitulée « Le halal, une identité professionnelle mondiale », le Secrétaire Général de la Chambre Islamique de Commerce et de Développement a déclaré que l’unification des normes devrait partir de l’intérieur même du système économique, à travers l’initiative des entrepreneurs et des commerçants visant à adopter un modèle d’affaires professionnel, fondé sur l’organisation et l’engagement volontaire avant toute contrainte réglementaire. Il a précisé que les expériences réussies dans d’autres secteurs, tels que les services financiers islamiques, montrent que l’existence d’un environnement réglementé et d’une concurrence claire a contribué à élever le niveau de professionnalisme et à renforcer la confiance, malgré la taille relativement limitée du secteur comparée à d’autres industries. Dans le même sillage, il a ajouté que le secteur halal dispose des mêmes atouts pour franchir une nouvelle étape vers un niveau supérieur de professionnalisation, à condition de s’appuyer sur un cycle d’activité intégré commençant par la planification stratégique, passant par les chaînes d’opérations et d’approvisionnement, et aboutissant à la mesure de la satisfaction des consommateurs et à l’amélioration continue des performances. Il a souligné que, dans ce contexte, les normes ne constituent pas une contrainte réglementaire, mais plutôt un outil de renforcement de la compétitivité et d’accès élargi aux marchés. Dans ce cadre, le Secrétaire Général du Forum Islamique des Organismes d’Accréditation halal (IFHAB), Badr bin Ibrahim Al-Abdulatif, a indiqué qu’il existe des entités chargées d’élaborer les spécifications, d’autres de les vérifier, expliquant que l’infrastructure de la qualité halal se compose de quatre piliers : des organismes qui établissent les normes et spécifications, des entités chargées de l’évaluation de la conformité, des organismes d’accréditation de ces entités, et enfin des institutions de mesure et d’étalonnage. Il a précisé que ces normes doivent être indépendantes et neutres, tout en étant complémentaires, mais que certaines autorités nationales adoptent leurs propres référentiels halal, ce qui conduit à une multiplication des pratiques d’évaluation et de conformité. Al-Abdulatif a affirmé que le rôle du Forum de La Mecque pour le halal est extrêmement essentiel pour relier l’ensemble des parties prenantes de l’industrie halal, qu’il s’agisse des autorités gouvernementales de contrôle, des organismes d’évaluation et de conformité ou des investisseurs. Il a expliqué que le fait de réunir ces acteurs en un même lieu et à un même moment permet d’accélérer la prise de décision, de créer de nombreuses opportunités et de renforcer l’intégration entre eux, tout en structurant le cadre réglementaire de l’industrie halal, ce qui se reflète in fine dans la facilité d’accès et la fiabilité des produits halal dans les pays du monde islamique. De son côté, le responsable des dossiers halal au Centre d’Accréditation du Golfe, Abdulaziz Al-Saab, a expliqué que la divergence des normes entre les pays constitue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les fabricants et les exportateurs. Il a indiqué que les pays du Golfe s’appuient sur des normes émises par l’Organisation de normalisation du Conseil de Coopération du Golfe (GSO), ainsi que sur les normes de l’Institut des normes et métrologie pour les pays islamiques (SMIIC), parmi lesquelles figurent notamment la norme GSO 2055 dans ses différentes parties, ainsi que la norme 993 relative aux exigences d’abattage. Il a précisé que ces normes font l’objet de révisions périodiques par des comités techniques spécialisés qui tiennent des réunions régulières pour actualiser les exigences en fonction des évolutions techniques, juridiques et réglementaires du secteur. Toutefois, la persistence des divergences entre certains marchés oblige les entreprises à adapter leurs produits et leurs procédures aux exigences propres à chaque pays, ce qui augmente les coûts de production et affecte l’efficacité des chaînes d’approvisionnement. Il a ajouté que les différences dans les taux d’acceptation et de reconnaissance mutuelle des certifications peuvent, dans certains cas, conduire au refus de produits sur certains marchés, ce qui a un impact négatif sur les volumes de production et freine la fluidité de la circulation des marchandises au sein du marché halal mondial, malgré les larges perspectives de croissance dont celui-ci dispose. S’agissant du rôle du Forum de La Mecque pour le halal dans le traitement de ce défi, Al-Saab a affirmé que la troisième édition représente une étape avancée dans le renforcement de la coordination internationale entre les autorités réglementaires, les organismes d’accréditation et les acteurs du secteur privé. Il a souligné que l’unification des normes est l’un des dossiers les plus complexes, en raison de l’enchevêtrement des dimensions religieuses, réglementaires et souveraines, mais que le dialogue institutionnel continu ouvre la voie à l’élaboration d’un cadre de référence commun ou d’une norme standard bénéficiant d’une large acceptation parmi les pays islamiques, ce qui contribue à simplifier les procédures et à faciliter la circulation transfrontalière des produits. Il est à noter que le Forum de La Mecque pour le halal constitue une plateforme stratégique qui conjugue réflexion économique, normes réglementaires, renforcement institutionnel et innovation technique, consolidant ainsi le rôle du Royaume dans la conduite du développement de l’écosystème mondial de l’économie halal, en s’appuyant sur la position singulière de La Mecque en tant que destination fédératrice du monde islamique. Cette dynamique s’inscrit dans une orientation nationale visant à améliorer l’efficacité des secteurs prometteurs et à renforcer leur compétitivité internationale, en cohérence avec les objectifs de la Vision saoudienne 2030, qui cherche à diversifier l’économie et à élargir les horizons des partenariats et des investissements de qualité. ANP 097 février 2026