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Niger : les catastrophes naturelles impactent la vulnérabilité de la population (thèse)

2026-03-27 - 10:33

Niamey, 27 Mars (ANP)-Les catastrophes naturelles impactent la vulnérabilité économique de la population nigérienne à hauteur de 10%, révèle une thèse de doctorat en économie présentée par Dr. ISSA Habou, le 3 Mars 2026 à l’université Abdou Moumouni de Niamey. L’étude a analysé les effets des catastrophes naturelles en univers statique sur la vulnérabilité, la résilience et le bien-être et en univers dynamique sur la performance économique afin de faire la lumière sur leurs effets sur l’économie nigérienne. La thèse appréhende les questions des catastrophes sous l’angle des destructions de tissus de production, de désorganisation des structures sociales, de réduction du bien-être, de la compromission de sentiers de développement et propose des alternatives pour une allocation optimale des ressources. À travers divers modèles d’analyse, la recherche s’est intéressée à décrypter les conséquences des aléas et catastrophes successifs sur l’effort de lutte contre la pauvreté, le bien-être et la performance de l’économie nigérienne de 1990 à 2019. Une méthodologie générale classique mixte a été privilégiée compte tenu des aspects globalisants et disparates des catastrophes naturelles sur le secteur réel. La méthode consiste en des analyses théoriques, descriptives et des modélisations économétriques tout en faisant à chaque étape référence au cadre pratique et opérationnel des effets de catastrophes naturelles sur le secteur réel. Les résultats des travaux de M. ISSA Habou montrent que le Niger est caractérisé par une vulnérabilité de court terme qui s’estompe au fil du temps. Le bien-être de la population nigérienne est aléatoirement réparti dans l’espace avec quelques agglomérations des pauvres dans certains endroits et des riches dans d’autres. Les stratégies d’adaptation entreprises pour amortir les chocs ont souvent induit des expositions supplémentaires comme l’exode ou la désépargne. L’économie nigérienne, bien que sous-performante due à l’endettement, au chômage couplé à l’inflation et aux effets du changement climatique sur la période d’études, a pu développer un degré de résilience d’environ 93%. Du point de vue macroéconomique, les variables introduites dans le modèle dynamique d’équilibre général stochastique révèlent entre autres la baisse de production, la baisse de consommation, la destruction des infrastructures, les hausses des prix, du fait des effets directs et indirects des sécheresses et des inondations. L’analyse des réponses dynamiques suite aux chocs de sécheresses montre une réaction négative simultanée du PIB de plus de 2% qui s’estompe la même année. Par contre, l’incidence de sécheresses continue à affecter négativement la production agricole 3 ans plus tard, entraînant cumulativement une baisse de plus de 8%. Un choc d’inondations de 1% entraîne une augmentation de la production nationale de plus de l’unité l’année en cours qui commence à baisser faiblement par la suite. Une année d’inondation entraîne une hausse de la production agricole de plus de 2,5 % mais l’impact sur la production des autres secteurs entraîne une baisse de plus de 6% l’année de leur occurrence. La désagrégation de chocs naturels montre que les sécheresses et les inondations ont des effets divergents sur certaines variables économiques. Enfin, les résultats montrent la migration des acteurs économiques vers les secteurs de services ou d’industrie dans le cas des sécheresses persistantes. Les chocs percutant l’économie nigérienne ont plus d’effet sur le court terme. On peut de ce fait avancer l’idée selon laquelle l’économie nigérienne est caractérisée par une vulnérabilité de courte période qui s’estompe au fil des ans. En d’autres termes, il n’y a pas de cumul significatif des effets des chocs sur une longue période au Niger. Cela dénote l’adaptabilité de l’économie, acquise par un processus d’apprentissage découlant de la récurrence des chocs, ce qui permet à la population et au système de résorber rapidement les effets au fil du temps. Ces résultats peuvent conduire sur le plan politique, à la prise des mesures réglementaires axées sur la prévention pour les risques connus et la précaution pour les risques en cascade et les vulnérabilités latentes. Dans le registre économique et social, on peut envisager à la lumière de cette étude à la création d’une classe moyenne pour réduire les disparités et à la mise en place des activités durables et résistantes aux chocs de petite ampleur. Aussi, les populations doivent-elles être préparées à réagir efficacement aux surprises sans saper leur base économique ; – de la gestion des catastrophes, à la prise en compte et à la valorisation des savoir-faire communautaires dans la conception et la mise en œuvre des plans et stratégies en matière de risques et de catastrophes. Aussi, l’étude suggère l’investissement pour la prévention en vue de préserver l’existant et réduire les effets ; – scientifique, à des études poussées pour dénicher les faiblesses qui font que les chocs induisent des effets adverses sur le court terme. Aussi créer et maintenir à jour une base de données pluridisciplinaire pour soutenir les recherches futures. Outre les catastrophes naturelles qui représentent (10 %) de la vulnérabilité de la population nigérienne, d’autres facteurs sont également à l’origine de la pauvreté des nigériens, comme l’extrême aridité (30 %), la concentration commerciale (25 %), la prédominance de l’agriculture (18 %) mais aussi l’enclavement (14 %), a soutenu M. Issa Habou. Aussi, a-t-il ajouté à cette liste : le chômage, la variation des prix et les instabilités politiques et sécuritaires quasi structurelles. Le tout nouveau docteur en économie Issa Habou est capitaine de l’armée nigérienne, précisément du corps du groupement national des sapeurs-pompiers en poste à la Direction générale de la protection civile (DGPC). Il est également le Directeur de l’école de la protection civile, sous tutelle de la DGPC. MSB/CA/ANP 0205 Mars 2026

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